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Oran à l’époque Almohade

Où l’on parle de la ville d’oran durant l’époque Almohade, de 1145 à 1238.

mardi 23 septembre 2008, par Racem


En 1145, les Almohades, sous le commandement de Abd el Mu’min, assiègent la ville, et obligent le dernier sultan Mourabite à fuir. Tashfin Ibn Ali, disparait suite à sa fuite, au lieu-dit Saut-Du-Cheval. [1]

Le port, le commerce

Durant cette période, le port d’Oran est le quatrième port de toutes les côtes du Maghreb.

Abd el Mu’min entame en 1162 la constructions d’une partie de sa flotte après avoir créé un chantier navale sur les côtes oranaises.

Oran entame des relations commerciales avec différentes ville européennes, ainsi, à partir de 1179, les Génois avaient un consul et un fondouk. Oran reçoit les marchandises de Pise depuis 1186. Les Vénitiens faisaient escale dans leur voyage de Tripoli vers Alméria. Les Marseillers et les Valenciens depuis 1228 avaient un consul et un fondouk. Les Barcelonais sont signalés depuis 1232.

L’activité commerciale de la ville bat son plein : toutes les marchandises exportées à Tlemcen et aux oasis du Grand Sud y transitent. Les marchandises passant par Oran arrivent jusqu’en Soudan. L’approvisionnement d’Espagne en céréales transite par Oran, et les commerçant européens passant par Oran s’approvisionnaient en marchandises ramenées du Soudan.

Al Idrissi

Mohamed Al Idrissi, très célèbre géographe arabe, consacre une page à Oran :

«  Wahran est près du bord de la mer ; elle a une muraille de terre, construite avec soin, des suqs importants ; de nombreuses activités artisanales et commerciales. Elle fait face à Alméria sur la côte d’Andalousie dont elle est séparée par deux journées de navigation. La plus grande partie de l’approvisionnement en grains de l’Andalousie vient de Wahran. À sa porte, Wahran a un petit port qui n’abrite rien.

Mais à deux milles de là, elle a Marsa al Kébir où les bateaux peuvent mouiller à l’abri de tous les vents. Ce port n’a pas son pareil dans tous les rivages de la Bérbérie. L’eau potable des habitants est fournie par une rivière qui vient de l’intérieur des terres et qui arrose des vergers et des jardins. On trouve à Wahran des fruits à profusion ; les habitants vivent dans la prospérité. Le miel, le beurre salé et le beurre frais, la viande de bœuf et la viande de mouton y sont bon marché. Les navires d’Andalousie y viennent souvent. Ses habitants sont des hommes d’action, puissants et fiers. »

Culture

L’activité culturelle de la ville d’Oran grandit à cette époque, nous pouvons citer la présence de personnalités comme Abu Abd Allah Mohamed el Wahrani (dit Rokn Eddine), et Abu Tamim. [2]

Ibn Said el Gharnati parle d’Oran dans son livre Kitab al Bedi : « Sur le littoral [du Maghreb al Aw’ssat] on rencontre les villes de Ténès, de Cherchell, de Mostaganem et d’Oran, laquelle est importante par ses constructions et dont la remarquable banlieue produit en qualité des céréales et des bestiaux. » [3]

Le règne Mouwahid durera jusqu’à 1238, date à laquelle les Zianides s’emparent de la ville.

Notes

[1] Ibn Khaldoun, « Histoire des Arabes et de Berbers », Page 194.

[2] Témoignage du poète constantinois Ibn el Fekoun

[3] Jean Cazenave : Oran cité berbère



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